La semaine dernière à Addis-Abeba, au siège de l’Union africaine, j’ai eu le privilège de participer au panel « L’Avenir Féministe du Soin », dans le cadre du tout premier Africa Care Forum qui s’y est tenu du 1er au 4 septembre.
Nous avons abordé des questions centrales pour l'avenir de nos sociétés : le travail domestique non rémunéré, les politiques publiques, les mobilisations féministes, le financement pérenne, la solidarité sous-régionale et les leviers d'une véritable transformation sociale.
« À qui appartient le temps ? »
Poser cette question, c'est mettre en lumière les arbitrages invisibles qui pèsent au quotidien sur la vie, les aspirations et la trajectoire des femmes.
Consacrées en moyenne au travail domestique et aux soins non rémunérés.
Consacrées aux mêmes charges de soins et activités domestiques quotidiennes.
Soit plus d'une heure et quarante minutes de charge supplémentaire chaque jour pour les femmes.
Derrière ces heures se trouvent des choix qui ne sont jamais neutres : le temps pour travailler, se former, entreprendre, participer à la vie publique, exercer ses droits, prendre des responsabilités… ou diriger.
C’est pourquoi l’économie des soins ne peut plus être reléguée au rang de question privée ou considérée comme une simple « affaire de femmes ».
Les 4 Vérités Fondamentales du Soin
Car la disparité du temps alloué creuse les inégalités professionnelles et économiques.
Car faire reposer le bien-être collectif sur un travail gratuit et invisible est inique.
Car libérer le plein potentiel des femmes propulse la croissance et la prospérité de l'Afrique.
Car redistribuer le temps, c'est directement redistribuer les capacités de décision et de leadership.
Notre responsabilité collective : Le Cadre des 4R
Notre responsabilité collective est donc claire : reconnaître, réduire, (re)distribuer et représenter le travail domestique non rémunéré.
Reconnaître ce qui reste invisible parce que trop longtemps confiné dans la sphère privée et exclu des comptabilités nationales.
Réduire la charge qui pèse de manière disproportionnée sur les femmes grâce aux infrastructures publiques, crèches, services de garde et technologies adaptées.
Redistribuer les responsabilités entre les familles, les communautés, les hommes et les femmes, mais aussi de façon équilibrée entre les citoyens, les marchés et les pouvoirs publics.
Et surtout, représenter celles et ceux qui font vivre nos sociétés par leur travail de soin dans toutes les instances de gouvernance et décisions qui les concernent.
Politiques publiques, budgets & riposte collective au backlash
Une revendication devient véritablement transformative lorsqu’elle entre dans les politiques publiques, les budgets nationaux et les mécanismes de redevabilité.
Face au backlash et aux résistances persistantes aux droits des femmes, notre réponse se doit d'être collective et concertée :
« Nous devons être localement enracinés, régionalement connectés et capables d’influencer les espaces multilatéraux. »
Remerciements & Solidarité Panafricaine
Merci à l'ACED pour l’invitation, aux organisateurs de ce 1er Africa Care Forum, à la Communauté de Pratique (CoP), à nos partenaires techniques et financiers, et à toutes les femmes et tous les hommes qui font avancer chaque jour cette conversation essentielle à travers toute l’Afrique.